Chapitre 3

La frugalité

La frugalité

Le monde moderne semble prisonnier d’une course vers le toujours plus. Et si l’avenir nous invitait, au contraire, à faire mieux avec moins ? Ce serait dans l’intérêt de la planète et de tous ceux qui l’habitent.

Les ressources naturelles s’épuisent et l’accélération du changement climatique impose d’imaginer de nouveaux modèles. Parmi eux émerge la frugalité.

La frugalité = faire mieux avec moins

Si le mot peut évoquer l’austérité ou le manque, il s’agit en réalité d’une autre manière de penser l’économie : utiliser les ressources avec intelligence, réduire le gaspillage, revaloriser les déchets, rechercher l’efficacité, mutualiser les investissements, préférer la coopération et éviter l’accumulation inutile.

Nadji Radjou

Le jour du dépassement

Chaque année, l’humanité consomme davantage de ressources que la Terre n’est capable d’en régénérer. Ce phénomène est symbolisé par le jour du dépassement.

Il correspond à la date à partir de laquelle nous avons utilisé l’ensemble des ressources que la planète peut produire en une année.

En 2003, ce jour se situait le 11 septembre. En 2023, il est tombé le 2 août.

Autrement dit :

Pendant près de cinq mois par an, l’humanité vit à crédit écologique.

Combien de temps la Terre résistera ?

Le jour du dépassement calorique

Cette réflexion peut aussi s’appliquer à notre manière individuelle de nous alimenter.

Prenons un exemple simple : un adulte d’environ 70 kg, mesurant 1,70 m et âgé d’une cinquantaine d’années a besoin d’environ 2000 kilocalories par jour pour couvrir ses besoins énergétiques.

Au fil de la journée s’ajoutent de petits excès devenus banals : un dessert après le repas de midi, un gâteau avec le café, une bière en fin de journée, une poignée de cacahuètes à l’apéritif, un peu de chocolat en regardant la télévision.

Additionnés, ces excès ordinaires ajoutent facilement 500 kilocalories supplémentaires par jour. La consommation quotidienne atteint alors 2500 kilocalories.

Le jour de dépassement calorique se situe vers le 19 octobre.

Autrement dit :

Pendant près de 2,5 mois par an, cet adulte vit à crédit calorique.

Combien de temps son corps résistera ?

Le corps en jeûne : un modèle d’économie frugale

Éclairons le parallèle entre frugalité économique et sobriété alimentaire.

L’économiste Navi Radjou a popularisé la notion d’économie frugale. À la lecture de son ouvrage, une idée s’impose : si l’on remplace le mot économie par le mot alimentation, son exposé prend un sens étonnamment juste.

Si la frugalité consiste à faire mieux avec moins, le jeûne est un exercice de frugalité exemplaire.

Nous avons besoin de nouveaux modes de fonctionnement : l’économie frugale

L’économie frugale vise à élargir la conscience humaine et à créer simultanément plus de valeur économique, sociale et écologique, tout en optimisant ingénieusement l’utilisation de toutes les ressources disponibles.

P 15 : Contrairement au système capitaliste qui cherche à en faire plus avec plus et qui engloutit toujours plus de ressources pour produire toujours plus de produits inutiles, l’économie frugale s’efforce de faire mieux avec moins en tirant le meilleur parti possible de toutes les ressources existantes afin d’en maximiser la valeur pour toutes les parties prenantes. Ce modèle répond aux besoins de consommateurs économes et socialement conscients qui recherchent un style de vie plus respectueux de l’environnement…

Nous avons besoin de nouveaux modes d’alimentation : l’alimentation frugale

L’alimentation frugale / le jeûne vise à élargir la conscience humaine et à créer simultanément plus de valeur économique, sociale et écologique, tout en optimisant ingénieusement l’utilisation de toutes les ressources disponibles.

Contrairement au système de suralimentation qui cherche à nous faire avaler toujours plus et qui engloutit toujours plus de ressources pour produire toujours plus de produits inutiles, l’alimentation frugale / le jeûne s’efforce de faire mieux avec moins en tirant le meilleur parti possible de toutes les ressources existantes afin d’en maximiser la valeur pour toutes les parties prenantes.

Ce modèle de vie répond aux besoins de consommateurs économes et socialement conscients qui recherchent un style de vie plus simple, plus sain et plus respectueux de l’environnement…

Créer davantage de valeur avec moins de ressources en valorisant les déchets, en mutualisant les moyens et en utilisant intelligemment ce qui existe déjà, c’est ce que le jeûne met en œuvre.

En absence d’apports alimentaires extérieurs, l’organisme améliore son efficacité métabolique. Il cesse d’accumuler et commence à réguler, à économiser. Il mobilise ses réserves et optimise son fonctionnement.

Les matières premières sont triées, décomposées, transformées, recyclées, éliminées si besoin voire réinjectées dans les circuits.

Le corps recycle ses propres déchets cellulaires grâce au processus d’autophagie. Il transforme l’énergie stockée sous forme de graisse lors de la cétogénèse, une source d’énergie stable et durable.

Jeûner n’est pas un retour en arrière. C’est au contraire un pas en avant vers plus d’écologie !

Jeûner devient un acte volontaire de retrait

Entreprendre un jeûne aujourd’hui demande de l’autonomie intellectuelle et de la volonté.

Dans une société où la nourriture est disponible partout et en permanence, où les aliments ultra-transformés encouragent la consommation excessive, choisir de ne pas manger devient un acte volontaire de retrait, voire de résistance !

Ce choix demande de la volonté et de l’autonomie intellectuelle, car il va à l’encontre de nombreux dictats socioculturels : manger à heures fixes, ne pas sauter de repas, terminer son assiette, manger pour grandir, pour devenir intelligent…

Jeûner n’est pas un retour en arrière. C’est au contraire un pas en avant vers plus de liberté !

En tournant le dos, pour un temps donné, à la société de consommation, elle permet de faire la différence entre besoin et envie, entre habitudes culturelles et nécessité.

Elle permettra de prendre conscience que les aliments « plaisir » rendent le corps malheureux. Les seuls qui en profitent sont les fabricants.

Livre Tim Spector

Livre anti AUT