L’exposome
L’empreinte de nos environnements sur la santé
Nous avons longtemps pensé que notre santé dépendait surtout de nos gènes. Pourtant, une grande partie de notre état de santé se construit dans l’interaction permanente entre notre organisme et les environnements dans lesquels nous vivons.
C’est cette réalité que résume le concept d’exposome.
L’exposome désigne la totalité des expositions auxquelles un être humain est confronté au cours de sa vie, depuis la conception jusqu’à la fin de la vie.
Ce concept a été introduit en 2005 par le chercheur Christopher P. Wild, qui proposait de compléter l’étude du génome par celle de l’ensemble des influences environnementales susceptibles d’affecter notre santé.
L’exposome ne se limite pas à l’environnement au sens strict.
L’exposome englobe un vaste éventail des conditions dans lesquelles nous vivons et qui interagissent en permanence avec notre organisme : ce que nous mangeons, le rythme de nos repas, notre activité physique, la qualité de notre sommeil, le stress auquel nous sommes exposés, les émotions que nous traversons, les chutes ou les accidents, les maladies et infections, …
S’y ajoutent les médicaments, mais aussi les substances présentes dans l’air que nous respirons ou dans l’eau que nous buvons, certains additifs alimentaires et des substances chimiques comme les perturbateurs endocriniens.
Font également partie de l’exposome le contexte familial, social, professionnel et culturel dans lequel nous évoluons, la qualité des relations que nous entretenons avec nos proches, le degré d’intimité ou d’amitié qui nous relie aux autres, ainsi que la place que la nature occupe — ou non — dans notre vie.
L’exposome est dynamique : il évolue tout au long de la vie.
Il influence l’expression de nos gènes, notre métabolisme, notre système immunitaire, l’équilibre de notre microbiote et, à long terme, notre capacité de résistance ou, au contraire, notre vulnérabilité face aux maladies chroniques.
Comme l’explique la professeure Véronique Mondain au CHU de Nice, l’exposome relie étroitement notre microbiote, notre environnement, notre mode de vie et notre équilibre émotionnel. Cette vision globale permet de mieux comprendre l’origine de nombreuses maladies chroniques et ouvre de nouvelles perspectives de prévention.
Les différents facteurs ne s’additionnent pas simplement : ils interagissent entre eux. Leur combinaison peut parfois amplifier leurs effets et créer un terrain particulièrement défavorable pour l’organisme.
Une alimentation déséquilibrée associée au stress, au manque de sommeil et à l’exposition à certains polluants peut ainsi fragiliser profondément l’équilibre biologique.
Comprendre l’exposome, c’est prendre conscience que la santé se construit dans l’interaction permanente entre notre biologie et nos environnements.
C’est aussi comprendre que nous pouvons, dans une certaine mesure, agir sur cet exposome et redevenir acteurs de notre santé.
Ce qui nous échappe… et ce que nous pouvons changer
Certains facteurs échappent largement à notre contrôle.
La pollution de l’air, la contamination de l’eau ou des sols, certaines expositions professionnelles font partie du monde dans lequel nous vivons.
D’autres événements de la vie peuvent également laisser une empreinte durable : les traumatismes psychiques, les accidents ou certaines pressions sociales et émotionnelles auxquelles nous pouvons être confrontés au cours de notre existence.
La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et ces expériences participent elles aussi à notre exposome.
Une part importante de notre exposome se construit pourtant dans nos habitudes quotidiennes.
Nous ne sommes donc pas totalement impuissants face à ces influences.
Nos choix quotidiens peuvent en effet moduler une partie de ces expositions : ce que nous mangeons, les produits que nous appliquons sur notre peau, les matériaux qui nous entourent, la place du plastique dans notre environnement, notre exposition aux écrans, la qualité de notre sommeil, notre niveau d’activité physique ou encore nos relations sociales et familiales.
Plus loin dans ce livre, nous aborderons notamment les notions de jeûne cosmétique, de jeûne plastique et de jeûne numérique, autant de façons simples d’alléger notre exposome au quotidien.
Il ne s’agira pas de renverser vos habitudes et de tourner le dos à la société dans lequel nous vivons ! Il suffira de picorer, ci et là quelques conseils qui trouveront aisément leur place dans votre quotidien.
Mais la pratique maîtresse pour alléger l’exposome est sans doute le jeûne alimentaire.
En suspendant temporairement les apports alimentaires, le jeûne offre à l’organisme une véritable pause métabolique.
Libéré du travail digestif permanent, le corps peut alors mobiliser ses mécanismes naturels de régulation, de réparation et d’élimination.
En donnant à son corps l’occasion de se débarrasser de ses encombrants, de faire le grand ménage, l’exposome pèsera moins lourd sur votre capital santé !
Nous avons exposé nos arguments nouveaux qui plaident en faveur de la pratique du jeûne au 21e siècle.
La frugalité et l’hormèse ont constitué deux caractéristiques centrales de la vie de l’espèce humaine depuis la préhistoire et se sont inscrits dans sa génétique. Il est temps de renouer avec.
La frugalité : faire mieux avec moins dans l’intérêt de la planète et dans l’intérêt de notre santé.
L’hormèse : la nécessité de mettre notre corps au défi.
Le soumettre à des stress mesurés et volontaires lui permettra d’améliorer ses défenses immunitaires et d’optimiser son fonctionnement.
L’exposome a toujours existé… mais aujourd’hui il devient un “expLosome”.
Nos corps sont assaillis par des molécules de synthèse agressives, qui s’accumulent et dont notre organisme ne sait pas se défendre.
Jeûner devient alors un des moyens pour s’en libérer, ne serait-ce que partiellement.
Jeûne alimentaire – jeûne digital – jeûne cosmétique – jeûne cortisol
Pour mieux comprendre, voyons maintenant comment le jeûne agit dans l’organisme.

